FEVRIER 2008 / Enquête conjoncturelle CCIGE 2008
Enquête conjoncturelle CCIGE 2008
Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève
Nom : Olivier Nimis
Titre : Directeur de Remicom
Bio express : Plus jeune entrepreneur de Suisse, Olivier Nimis a ouvert son premier magasin à l’âge de 18 ans. Il se tourne rapidement vers le négoce de locaux commerciaux avant de devenir une référence dans la transmission d’entreprises et la remise de commerces. Remicom.com est aujourd’hui leader dans ce domaine pour les PME et emploie sept personnes.
«Le meilleur moyen de bien vendre une entreprise, c’est d’éviter de faire savoir qu’elle est à vendre.»
Interview :
Comment votre secteur d’activité s’est-il comporté en 2008 ? Globalement assez bien, puisque nous avons réalisé plus de 120 transactions sur cet exercice, ce qui représente environ une transaction tous les deux jours. La Suisse reste très attractive pour nos voisins français, que ce soit fiscalement ou d’un point de vue de la qualité de vie. Notre clientèle d’acheteur vient donc principalement de l’autre côté de la frontière. Nous avons conforté notre position de leader dans notre secteur, où nous sommes pratiquement seuls. Ce marché était pris en charge par les fiduciaires avant notre apparition. Ce n’était pas un réel business. Aujourd’hui, notre connaissance du domaine nous permet d’apporter une vraie valeur ajoutée, que ce soit au vendeur ou à l’acquéreur.
Vous attendez-vous à une année 2009 plus difficile ? Pas vraiment. Nous venons de réaliser un partenariat avec un grand groupe français et qui dispose d’un réseau sur tout le territoire. La demande n’est donc pas prête de diminuer, c’est plutôt au niveau de l’offre que nous pourrions rencontrer des difficultés. Un ralentissement des affaires est possible à court terme à cause de la conjoncture, mais je suis plutôt serein. En plus de ce partenariat français, nous sommes en train de développer notre propre réseau dans toute la Suisse, ce qui doit nous permettre de conserver notre leadership dans le domaine. Comme je suis très intéressé aux franchises, raison pour laquelle l’enseigne va être présente dans toutes les villes de Suisse, par le biais de franchisés.
L’avenir de votre secteur d’activité semble donc assez serein ? D’une certaine manière oui ! Il faut savoir que 30 à 50'000 PME vont être mise en vente ces cinq prochaines années. La plupart des patrons n’ont jamais envisagé leur succession et vont arriver à l’âge de la retraite sans savoir comment gérer cet aspect. Cette situation est assez typique à la Suisse, où l’on poursuit une activité toute sa vie. Dans d’autres pays, il est commun d’acheter une affaire de la revendre et d’en acquérir une autre et ainsi de suite. Du coup, le marché est beaucoup plus attractif, et le mode de fonctionnement des sociétés est beaucoup plus adapté à changer de mains. Ce n’est pas le cas chez nous. Je conseille aux patrons de toujours penser à une éventuelle remise de leur entreprise. Même avant l’âge de la retraite.
Vous mentionnez néanmoins un doute quant à l’offre ? En effet, il y a un problème d’offre, particulièrement à Genève. Si un client me demande une surface importante dans le canton, il a peu de chance de la trouver. Les rues commerçantes sont saturées, et le seul moyen de remédier à cette situation serait de créer de nouveaux quartiers. La rue du Rhône n’est pas extensible, mais on pourrait très bien envisager que le même type de marché se développe ailleurs en ville. Il s’agit toutefois d’un problème très genevois, car dans beaucoup d’autres villes, les responsables de la promotion économique ont la possibilité d’offrir de nouvelles opportunités, raison pour laquelle nous devons être présents dans tout le pays.
Propose recueillis par Vincent Gillioz
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10 Février 2009 à 14:56 dans
- Général
